Silverway : des virtuoses de l’image créent des émotions esthétiques

Publié le : 04/02/2020 11:48:14
Catégories : News , Nos projets

SOCIÉTÉ
Silverway Paris
13/17 rue Forest Paris
75018 Paris

LOGICIELS UTILISÉS
Autodesk Lustre
Autodesk Flame

Nicolas Chalons Responsable de l’image
Fabien Pascal Étalonneur

Silverway Paris est un laboratoire photochimique & numérique situé à Paris intra-muros, à deux pas de la place de Clichy. Il n’existe que deux laboratoires en France à proposer un service de développement photochimique. Ce laboratoire «écoresponsable» qui organise le retraitement de ses déchets est une émanation de Silverway Média installé à Neuilly-sur-Seine depuis 2009 et spécialisé dans la distribution. Créé en 2018, ce laboratoire est ancré dans un ancien hôtel particulier de 2000 m² et comprend une dizaine de personnes. Il intègre la chaîne complète de postproduction image et son et dispose de salles de montage, d’étalonnage, d’audis de mixage et d’une magnifique salle de projection pouvant accueillir 60 personnes. Son savoir-faire se décline sur les longs-métrages, les courts, les clips et la publicité. Au sein de Silverway Paris, Nicolas Chalons est le responsable de l’image et travaille en binôme avec l’étalonneur Fabien Pascal. Leur rencontre s’est faite dans un précédent laboratoire. Ensemble, ils ont participé à de nombreux films en faisant confiance aux solutions Autodesk qui correspondent à leur créativité. Ils utilisent régulièrement le logiciel d’étalonnage colorimétrique en temps réel Lustre ainsi que le système d’effets visuels 3 D Flame d’Autodesk.


silverway - Clip Cop Killer – Oko Ebombo – Kitten Production

Clip Cop Killer – Oko Ebombo – Kitten Production

Quelles sont les particularités de votre laboratoire?

Nicolas Chalons : Chez Silverway, nous avons une culture de l’image et avons développé une philosophie originale : le créatif ne doit pas être au service de la technique, c’est tout le contraire. Notre volonté est de garder le support de tournage photochimique, car cela apporte quelque chose de différent par rapport au support numérique. Nous proposons ces savoir-faire aux réalisateurs et opérateurs. Et surtout, nous leur offrons un lieu artistique et d’échanges qui les accueille depuis le début d’un tournage jusqu’aux délivrables chez Silverway Média.

«Lustre permet de donner du caractère à une image avec du grain et du piqué…»

The Hangman’s Place – Mayami Production

The Hangman’s Place – Mayami Production

Quelle est votre vision du cinéma et de l’étalonnage aujourd’hui?

Fabien Pascal : Avec l’arrivée du numérique, l’étalonnage a connu de grands bouleversements; il y a certes plus de possibilités, mais aussi une tendance à s’éloigner de la source même du travail, de la direction artistique faite au moment du tournage… Il y a de nouveaux mots techniques qui ont fait leur apparition : le linéaire, le logarithmique, la débayerisation… Nicolas et moi nous sommes fixé comme but de convertir ces nouvelles normes à la simplicité de la chaîne 35 mm. Notre mission est de respecter et révéler la direction artistique au moment du tournage. Comme tous les professionnels de ma génération, je n’aimais pas le numérique. Et le plus beau compliment que l’on pouvait faire à un étalonneur ou à un chef opérateur était le suivant : ce que vous avez fait avec l’étalonnage numérique ressemble au 35». La quête était de reproduire à l’identique le rendu de la pellicule.

Vous avez tous deux des parcours très différents?

Nicolas Chalons : J’ai suivi tout un parcours qui a commencé par une année aux Beaux-Arts puis un B.T.S. Audiovisuel et enfin l’école de cinéma ESRA. J’ai travaillé dans différents laboratoires et je suis devenu chef opérateur puis responsable de l’image.
Fabien Pascal : J’ai un parcours différent pour ma part. J’ai grandi à Cannes et chaque année je voyais les stars durant le festival et cet univers me passionnait. J’ai ensuite travaillé dans la restauration à Londres où j’ai fait une rencontre importante, celle de l’étalonneur Ivan Lucas qui m’a proposé dans les années 2000 d’être son assistant. Ivan Lucas commençait à avoir une renommée à l’international dans l’étalonnage. J’ai tout quitté pour travailler avec lui et j’ai tout appris. J’ai commencé en photochimie pendant 5 ans puis Ivan est passé en numérique. J’ai continué la photochimie d’Ivan, mais je l’assistais également en numérique. Les premiers films que j’ai faits en numérique comme étalonneur en chef étaient Revolver de Guy Ritchie sorti en 2005 et La Môme d’Olivier Dahan sur Lustre en 35 mm, sorti en 2007. Aujourd’hui, Ivan Lucas a monté son studio aux États-Unis et travaille avec Scorsese et Tarentino. À l’époque, il n’y avait pas de formation pour devenir étalonneur. C’est un métier qui s’apprend sur le tas comme il est coutume de le dire. Et celui qui a donné sa chance à Ivan Lucas, c’est Olivier Chiavassa qui était directeur du laboratoire Éclair. Il est aujourd’hui consultant pour Silverway Paris. Ma deuxième rencontre importante a été celle de Nicolas. Il a été la pièce manquante dont j’avais besoin pour évoluer. Il comprend et sait traduire ce que je lui dis et me créer des espaces colorimétriques.
Nicolas Chalons : Nous travaillons sur le développement des images et le look du film. De mon côté, je travaille techniquement pour donner à Fabien le chemin sur lequel il va travailler dans Lustre. Ce qui permet d’avoir une continuité dans le film sans saut de contraste entre les séquences et les plans.

Quel est le premier film à avoir bénéficié de la solution d’Autodesk Lustre?

Fabien Pascal : Le premier film étalonné sur Lustre d’Autodesk dans un précédent laboratoire a été Monsieur N réalisé par Antoine de Caunes et sorti en 2003. Et c’est précisément à cette occasion qu’a été développée cette nouvelle solution Autodesk. À cette époque, j’étais encore l’assistant d’Ivan Lucas qui demandait des améliorations au jour le jour avec des boutons et raccourcis supplémentaires pour faciliter son travail. La commercialisation s’est démocratisée ensuite. Il est important de souligner qu’auparavant, les outils servaient à embellir l’image, mais pas à la modifier… Aujourd’hui, je cherche toujours à retrouver la direction artistique de base tout en utilisant le numérique.

Saint DX – Xphanie – Film Partnership

Saint DX – Xphanie – Film Partnership

Quels sont pour vous les films emblématiques que vous avez faits avec Lustre?

Fabien Pascal : Le film qui m’a réellement permis de découvrir la machine et toutes ses possibilités est Mr Nobody de Jaco van Dormael sorti en 2009. Et le film qui m’a fait prendre conscience de l’importance du travail de Nicolas est L’Odyssée de Jérôme Salle sorti en 2016 qui a été entièrement fait en numérique. C’est au cours de ce film que je me suis aperçu que j’avais besoin d’un technicien vraiment impliqué comme Nicolas. Un film auquel nous sommes très attachés Nicolas et moi et que nous avons fait sur Lustre chez Silverway Paris, c’est Curiosa de Lou Jeunet. C’est un film à petit budget, sorti en 2019 auquel nous avons pu apporter toutes nos connaissances. Nous sommes très fiers de l’esthétique du film.
Nicolas Chalons : Nous sommes aussi très heureux de notre court-métrage The Hangman’s Place de Julien Bertrand que nous avons fait sur Lustre chez Silverway Paris. Avec ma culture de l’image, j’apporte des conseils aux chefs opérateurs sur les caméras et les optiques durant les essais. Nous avons aussi fait un film qui a été présenté au Festival de Cannes en 2019, Hors normes d’Olivier Nakache et Éric Tolédano. Nous faisons également des clips, dernièrement nous avons fait ceux de Miley Cyrus et de Mylène Farmer, sur Lustre évidemment.

Que vous apporte Lustre dans votre pratique?

Fabien Pascal : Cette solution a apporté de nouvelles possibilités, mais il a fallu l’apprivoiser. Auparavant, il n’était pas techniquement envisageable d’étalonner une image arrêtée en 35 mm. En numérique, je peux m’arrêter sur une image et faire autant de masques que je le souhaite.
Nicolas Chalons : Je précise que le 35 mm forçait à cultiver son œil et à travailler vite.
Fabien Pascal : Avec l’étalonnage numérique, il a fallu s’imposer des normes : tout d’abord, ne pas s’arrêter, regarder tout en continu, faire les raccords et commencer à travailler en points de couleurs et en densité comme nous savions le faire pour révéler l’image du chef opérateur. Et seulement après, nous pouvions commencer à jouer avec les masques et les contrastes… Aujourd’hui, les premiers passages ont tendance à disparaître alors que selon moi il faut continuer à faire ce que l’on connaît : points de couleurs et densité. Et Lustre d’Autodesk le fait très bien, c’est la raison pour laquelle j’aime cette machine.

Quelles sont les caractéristiques de Lustre?

Fabien Pascal : C’est un logiciel très simple à utiliser et il est possible d’étalonner tout un film en première passe en gardant les yeux sur l’écran sans avoir à regarder l’interface graphique, exactement comme on le faisait à l’époque du 35. Je suis capable d’étalonner tout un film en 5 jours si je me limite aux points de couleurs et en densité alors qu’auparavant, cela pouvait être très long : il fallait attendre les résultats entre les tirages d’une bobine… J’apprécie également l’exigence de Lustre. En effet, avec l’arrivée du RAW, nous avons eu accès à la débayerisation et nous pouvons faire des tests en direct. Il n’y a pas de mode automatique qui simplifierait tout pour aller plus vite. C’est à nous de récupérer les images, de nous en imprégner et de dialoguer avec le réalisateur et le chef opérateur. C’est une machine qui impose une recherche esthétique. Mon envie première est de donner une vraie identité visuelle, une belle colorimétrie à un film afin qu’il soit différent des autres.
Nicolas Chalons : Ces contraintes nous permettent de bien construire l’image. Chez Silverway Paris, nous essayons de trouver, en fonction des choix du chef opérateur, les particularités de la caméra. Et ce qui est fondamental pour nous, c’est de travailler en amont sur les essais caméra afin de trouver ce style artistique.
Fabien Pascal : Un point fort de Lustre, essentiel pour moi, concerne la texture. Aujourd’hui, le numérique offre certes des possibilités, mais avec une image assez lisse, Lustre permet de donner du caractère à cette image avec du grain et du piqué… J’adore vraiment Lustre, mais s’il intégrait un petit outil permettant de mélanger logarithmique et linéaire, je serais véritablement comblé.
Nicolas Chalons : Je rajouterais que nous avons choisi Lustre parce qu’il est vraiment complet. Et il y a eu des évolutions sur ces 5 dernières années : possibilité de mettre des luts sur chaque plan, color management… J’espère qu’il y en aura d’autres.

Quelles utilisations faites-vous de Flame d’Autodesk?

Fabien Pascal : Nous utilisons Flame essentiellement dans les publicités pour les retouches beauté et les truquages; nos flamistes sont des freelances. Nous pouvons travailler avec les projets Flame sur Lustre. Il y a une petite connectivité entre eux. Notre compétence intéresse Vuitton, Dior, Hugo Boss…

Comment travaillez-vous avec Post Logic?

Nicolas Chalons : Dans mon précédent laboratoire, nous avions déjà fait appel à Post Logic pour des formations sur Lustre; pour ma part, j’ai été formé sur le tas. Nous pouvions également compter sur la qualité des équipes pour tous nos échanges. En arrivant chez Silverway Paris, j’ai tout naturellement noué un partenariat avec Post Logic. Et j’en suis pleinement satisfait. Jean-Pierre Fournier sait toujours apporter la réponse technique à ma problématique. Il est même arrivé que Post Logic fasse directement les tests en interne afin de valider ma demande particulière. Nous avons une licence en location annuelle sur les 2 Lustre et louons une licence selon les besoins pour Flame.

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